Question de June à Hudson, QC

Comment dirige-t-on un centre de réhabilitation ? Quel financement gouvernemental obtient-on ?

Pour faire court : de peine et de misère, et, très peu. Ces questions m’ont très souvent été posées, qu’il s’agisse des sources de financement, ou de la présomption que nous recevons des aides gouvernementales. Permettez-moi donc de vous donner un aperçu du fonctionnement d’un centre de réhabilitation, et plus spécialement du Nichoir. Que faites-vous lorsque vous trouvez un oiseau qui demande des soins ? Vous pensez au Nichoir.

Avec un peu de chance, nous répondons tout de suite à votre appel téléphonique, sauf si le personnel est en train de s’occuper d’oisillons, qui sont des patients très exigeants. Si l’oiseau a besoin d’aide humaine, nous vous invitons à nous l’apporter. À son arrivée, nous essayons d’obtenir le maximum de renseignements possibles, surtout que le centre est obligé de soumettre un rapport annuel aux gouvernements provincial et fédéral. Pour avoir le privilège de faire de la réhabilitation, Le Nichoir paie des frais annuels au gouvernement provincial. Ironiquement, des fonctionnaires du gouvernement provincial réfèrent des personnes au centre, alors qu’aucune aide financière ne nous est fournie. Le gouvernement fédéral nous verse une petite subvention « étudiant » annuelle, qui représente environ six semaines de rémunération au salaire minimum, le reste étant pris sur le budget du centre. En 2009, Le Nichoir a employé six personnes durant l’été, soit un déboursé important.

L’essentiel de l’argent est obtenu grâce à notre souper bénéfice du printemps. Quelques bénévoles y consacrent un grand nombre d’heures. Et c’est toute une soirée ! Mais, bien sûr, il ne pourrait avoir lieu sans l’incroyable générosité de tous les donateurs, et la bonne volonté de tous les membres du Nichoir. Une autre source de revenu provient des dons faits par nos visiteurs et par les personnes qui nous apportent des oiseaux à soigner.

Nos dépenses les plus importantes sont, de loin, les salaires. Et c’est la partie du budget la plus difficile à ramasser. Ensuite il y a la nourriture, et pas juste la nourriture de base, mais des nourritures baroques telles que :  souris congelées, appelées ici mice-icles, poissons congelés, aussi appelés fish-icles, poissons vivants, nourriture sèche pour chaton qui, une fois broyée, est la meilleure base de plusieurs menus aviaires, fruits, graines,  vers de farine, et divers produits pour oiseaux R.C. Hagen. Le Nichoir doit aussi acheter des produits et des services vétérinaires, des assurances, et payer Hydro Québec et Bell. Il ne s’agit là que d’une liste partielle, mais vous voyez le tableau. Tôt chaque année, l’équipe de bénévoles qui coordonne le centre, se réunit et planifie les dépenses et les projets à entreprendre. Ça change chaque année, et il est parfois difficile de couvrir tous les besoins de base, mais jusqu’à présent Le Nichoir a réussi !

Admettre les oiseaux, les soigner, répondre aux demandes du public, faire des collectes de fonds et maintenir l’effervescence du centre, est une chose. Acquérir des connaissances, en est une autre. En participant à des conférences ou des ateliers, et à des forums de discussion en ligne sur la réhabilitation, nous réussissons à suivre les avancées dans divers domaines : nutrition, gestion des maladies, problèmes légaux, éducation du public, formation du personnel, etc. Mais tout cela prend du temps et, souvent,  pèse sur les bénévoles. Une fois que l’hiver s’annonce et que les oiseaux se sont envolés vers le Sud, nous tentons, nous aussi, de faire une pause. Mais elle ne dure jamais longtemps, car il arrive toujours quelque chose qui requiert notre attention !