Une Marouette de Caroline au Nichoir

Marouette de CarolineEn septembre passé, Le Nichoir eut l’honneur de recevoir une invitée exceptionnelle, déposée par une dame de Dorval: une Marouette de Caroline juvénile quelque peu affaiblie. Elle courait frénétiquement dans un stationnement de centre commercial, incapable de voler. Dès son arrivée au centre, la petite Marouette fut pesée, rechauffée et réhydratée. Une collision avec une automobile semblait la cause vraisemblable des blessures de l’oiseau étant donné l’endroit où il fut recueilli; celui-ci peinait visiblement à marcher, ne s’appuyait que légèrement sur sa patte droite et avait une aile pendouillante qui semblait fracturée. Son inhabileté de voler ayant contrevenu à sa capacité de se nourrir, la Marouette apparaissait également amaigrie.

Les Marouettes de Caroline sont des oiseaux aquatiques faisant partie de la famille des Râles qui survolent Montréal lors des migrations vers le sud. Ils sont omnivores et leur diète consiste principalement d’insectes, graines et autres invertébrés. Malgré que la situation de cette espèce ne soit pas décrétée comme inquiétante, Le Nichoir a peut d’expérience avec les Marouettes: celles-ci aboutissent rarement au Nichoir. Suivant la stabilisation de l’aile fracturée, l’ingestion de plus de 1,000 ténébrions durant une période de soins échelonnée sur deux semaines, l’oiseau repris assez de forces pour faire un plein rétablissement.

Une fois l’habileté de voler maîtrisée à nouveau, la Marouette fut mutée à la volière d’exercice. Au bout de quelques jours, une saine prise de poids pouvait être remarquée, indicateur positif à une relâche imminente. On retrouve typiquement les Marouettes à proximité de zones marécageuses, conséquemment, le marais au Parc-nature de la Tourbière-du-Bordelais à Saint-Lazare semblait l’endroit idéal pour qu’elle regagne sa liberté. Chemin faisant, silencieusement, profondément dans le marais, un endroit fit l’unanimité: une aire humide et luxuriante de sa végétation, remplie d’insectes. La boîte de transport fut ouverte lentement et la Marouette s’empressa de décoller vers le ciel avec la rapidité d’une déflagration! On pouvait observer l’oiseau voler haut et avec assurance, sur une grande distance.

Image: Alain Hogue – www.oiseaux.ca