Garrot à œil d’or

Au début du mois de juin, ce petit garrot à œil d’or est arrivé au Nichoir d’une façon très inhabituelle : par avion ! Trouvé, sans parents à proximité, par le Refuge Pageau, un centre de réhabilitation d’Amos, au Québec, le caneton nous a été rapidement apporté grâce à Nolinor Aviation. Une fois au Nichoir, le bébé a été stabilisé et examiné avant d’être traité contre les parasites. Il n’avait heureusement aucune blessure, mais un appétit féroce. Nous avons vite découvert que les poissons, les vers, les crevettes et les escargots étaient sa nourriture préférée. Après avoir pris du poids, il a été mis dans un espace intérieur avec un autre jeune garrot à œil d’or également soigné ici, et les deux sont vite devenus inséparables. Ils passent désormais leurs journées dans l’une de nos volières extérieures pour oiseaux aquatiques où ils continuent à grandir, en attendant qu’ils soient assez grands pour être relâchés.

Le centre de conservation des oiseaux sauvages, du rêve à la réalité

Pour la plupart des gens qui sauvent un oiseau, remettre cet oiseau blessé ou orphelin au Nichoir leur apporte un sentiment de soulagement. Ils voient très vite qu’il est en bonnes mains et, si ce sont de nouveaux visiteurs, il est probable qu’ils seront favorablement impressionnés par nos locaux et le professionnalisme de notre personnel. Notre processus d’admission n’exige pas une longue attente sauf, peut-être, les jours de très grande affluence. Les oiseaux sont admis dès leur arrivée et sont habituellement examinés dans les minutes qui suivent. En général, nous pouvons fournir une première évaluation de l’état de l’oiseau avant que les gens ne repartent, et nous les encourageons à nous rappeler dans les 24 ou 48 heures pour un pronostic plus complet.

Avant l’ouverture du nouveau centre, nous ne pouvions offrir ni la même qualité ni le même éventail de services de réhabilitation et d’éducation qu’aujourd’hui. Soigner des milliers d’oiseaux sauvages dans une grange qui était restée à l’abandon pendant vingt ans était certes tout un exploit, mais ça ne pouvait pas durer indéfiniment. C’était devenu une évidence quand la présidente du Nichoir, Josée Bonneville, annonça en 2009 le projet de construction d’un véritable centre de conservation des oiseaux sauvages sur le site du Nichoir. En plus d’un nouveau bâtiment principal, le projet comprenait la conception et la réalisation d’une volière innovatrice, à unités multiples, pour les oiseaux chanteurs, et d’un programme éducatif environnemental centré sur le monde aviaire.

Le centre rêvé devait concrètement répondre aux besoins de trois groupes distincts : les oiseaux ; le public ; le personnel et les travailleurs bénévoles. Le bâtiment principal devait permettre de soigner efficacement les patients, tout en répondant à une autre vocation parfois conflictuelle, l’éducation du public. En d’autres mots, il fallait à la fois respecter le besoin de tranquillité des oiseaux et répondre aux vœux du public de s’en approcher et de les voir de près.

La concrétisation de ce rêve demanda six ans et beaucoup d’efforts. Il fallut d’abord obtenir du propriétaire, Conservation de la nature Canada, l’accès au terrain ; puis recueillir auprès du public, d’entreprises et d’organismes gouvernementaux plus d’un million de dollars. Ensuite, il fallut gérer le projet, en commençant par la sélection du meilleur cabinet d’architectes et du meilleur entrepreneur général, puis, au fur et à mesure de son avancement, en trouvant les ressources juridiques et financières nécessaires. Mis en route par Josée Bonneville et achevé sous l’énergique direction de Lindsay D’Aoust, qui lui succéda, il a non seulement été fait mais très bien fait !

La cérémonie d’inauguration eut lieu le 4 novembre 2016. Elle fut l’aboutissement d’un pari fou gagné grâce à plus de trois cents généreux donateurs, aux formidables efforts de Josée et de Lindsay, à la compétence de notre personnel et à une foule de bénévoles et de sympathisants, bien trop nombreux pour que nous les nommions ici.

Aller de l’avant

L’été, ce n’est pas seulement du temps plus chaud, c’est aussi le spectacle régulier d’oiseaux sauvages affairés à construire leurs nids, puis à prendre soin de leurs oisillons ou de leurs adolescents. Malheureusement, l’été c’est aussi l’époque où les jeunes oiseaux qui explorent leur environnement peuvent éprouver des difficultés et avoir besoin d’aide.

Cette année, l’équipe du Nichoir a déjà admis et soigné un nombre exceptionnel d’oiseaux. La plupart ont été trouvés par des personnes comme vous, désireuses d’aider un oiseau blessé ou orphelin. À ce jour, le patient le plus fréquent a été le canard colvert, un oiseau qui niche souvent en milieu urbain.

Comme un vilain caneton ça n’existe pas, son apparence touchante peut faire que certaines personnes soient portées à l’aider. Or il est important de ne pas interférer avec une mère et son petit. Si vous trouvez un oiseau qui vous semble en détresse, canard ou autre, avant de tenter de le secourir veuillez appeler notre service d’assistance téléphonique (450-458-2809, poste 1). Ce service est disponible de 9 h à 17 h, 7 jours sur 7. Si vous ne parvenez pas à nous joindre, laissez-nous un message et nous vous rappellerons.

Même lorsque les admissions grimpent, la sensibilisation et l’éducation du public demeurent des priorités au Nichoir. Leur rôle dans l’accomplissement de notre mission de conservation des oiseaux sauvages est même primordial. Cette année, nos événements virtuels ont eu du succès et nous ont permis d’atteindre un nouveau et plus vaste public. Pour en savoir plus sur nos événements à venir, consultez le calendrier ci-dessous.

Nous vous remercions tous pour les efforts supplémentaires que vous faites en cette année de célébration du 25e anniversaire du Nichoir. Nous vous sommes extrêmement reconnaissants de votre soutien.

Célébrations du 25e anniversaire – conférences et festival à venir

Dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire du Nichoir et des oiseaux locaux, qui s’étendent sur toute l’année, nous vous invitons à vous joindre à nous pour une nouvelle conférence qui vous permettra d’enrichir vos connaissances sur les oiseaux qui partagent notre environnement. Lors de cette conférence nous explorerons la diversité des couleurs chez la faune aviaire, leur rôle et leur biologie. Il est nécessaire de s’inscrire.

Le 8 juillet à 19 h – Les couleurs des oiseaux – Œuvres de la nature (en français).

Inscrivez-vous ici.

Le 15 juillet à 19 h – Bird colors – Nature’s Artwork (en anglais).

Inscrivez-vous ici.

Nous avons aussi le plaisir de vous annoncer le retour de notre événement annuel « Le festival des oiseaux et de la nature », qui prendra une nouvelle forme cette année. Ce sera un festival virtuel d’une semaine – du 9 au 14 août – qui vous proposera une série de présentations en soirée et qui s’achèvera, le samedi 14 août, par une journée complète d’activités. Il reste à souhaiter que certaines activités puissent se dérouler en présence. Nous vous donnerons plus de détails sur ce festival en juillet, et nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous !

Les années de la grange – 2e partie

Durant vingt ans, l’équipe du Nichoir s’est démenée dans la vieille grange de Marnie Clarke, et elle a remarquablement réussi. Fonctionner dans de telles conditions représentait un réel défi ! Non seulement l’installation était presque en tous points déficiente, mais, la grange étant par définition un abri saisonnier, le déménagement dans nos quartiers d’hiver, chaque automne, et le retour dans la grange, chaque printemps, représentaient un bouleversement complet et très stressant. Rien d’étonnant à ce que le personnel du Nichoir ait songé à la création d’un abri permanent ultramoderne. Au moment où le projet de nouveau centre fut lancé, en 2009, nous rédigeâmes une liste de souhaits, mûrement réfléchis, qui définissait nos besoins avec précision. En ce sens, les années de la grange peuvent être vues comme un « mal » pour un bien.

Ces années-là furent aussi une grande période de perfectionnement professionnel pour le milieu de la réhabilitation de la faune et pour notre personnel. Plusieurs organismes environnementaux apparurent sur le devant de la scène, et le public comprit de plus en plus l’importance de conserver la nature. Pour Le Nichoir, l’International Wildlife Rehabilitation Council (IWRC) présenta un intérêt particulier car il devint un chef de file mondial en matière d’éducation et de ressources pour la conservation de la faune. Aussi bien Lynn Miller, la cofondatrice du Nichoir, que Susan Wylie, l’actuelle directrice des opérations, y participèrent activement. Toutes deux furent présidentes et membres de son conseil d’administration.

De ses premières années avec l’IWRC jusqu’à aujourd’hui, Le Nichoir a toujours insisté sur l’importance de l’éducation permanente, dont bénéficie son équipe de biologistes de la faune. Cette éducation associée à l’apprentissage pratique au centre a produit un ensemble de connaissances parfaitement adaptées aux besoins des patients aviaires du Nichoir. Et, comme elles sont mises en pratique tous les jours, elles ne cessent de s’enrichir. Par ailleurs, sachant que la réhabilitation de la faune et l’enseignement de la conservation vont de pair, en 2014 Le Nichoir a lancé ses programmes éducatifs en embauchant une biologiste de la faune comme éducatrice à plein temps. Depuis, grâce à nos programmes éducatifs interactifs, à nos conférences et à nos activités familiales, nous avons fait découvrir à des personnes de tous âges l’importance qu’ont les oiseaux pour la santé de la planète.

Les longues années de la grange dépassent largement le fait d’avoir soigné des milliers d’oiseaux en détresse – même si c’est un accomplissement de taille ! Elles représentent en effet une période d’apprentissage et de croissance qui a permis de bâtir les solides fondations sur lesquelles le formidable organisme qu’est Le Nichoir s’appuie aujourd’hui, alors qu’il célèbre son 25e anniversaire.