Le printemps est dans l’air

Welcoming backLe printemps est une période très occupée : outre les indispensables grands nettoyages de printemps, nous devons aussi nous préparer à accueillir nos amis à plumes au terme de leur longue migration. Ils reviennent de loin – parfois des milliers de kilomètres – et la meilleure façon de les accueillir est de mettre en œuvre tout ce qui facilite leur retour.

L’un des points essentiels est de connaître le moment où les différentes espèces sont de retour dans votre région. La meilleure façon de s’en souvenir est de l’indiquer sur votre calendrier ou de tenir un journal. Toutefois, pour connaître les espèces déjà de  retour, vous pouvez aussi contacter votre groupe ornithologique local ou nous consulter.

À cette saison où le nombre d’oiseaux qui se déplacent est élevé, vous pouvez prévenir leur collision accidentelle avec des fenêtres en plaçant vos mangeoires à moins de 3 m ou à plus de 10 m de vos fenêtres. [Lire la suite…]

Changer de couleurs avec les saisons

ChardonneretMuer c’est se débarrasser du vieux pour faire place à du neuf. Chez les oiseaux, la mue consiste à remplacer quelques plumes, ou toutes, au moins une fois par an, généralement à l’automne. Pour beaucoup d’oiseaux, cela signifie des plumes toutes neuves pour la longue migration à venir, le plus dangereux moment de l’année pour la plupart d’entre eux. Un plumage parfait est indispensable, par exemple, pour les parulines rayées qui vont entreprendre une incroyable  migration : 3000 km au-dessus de l’océan Atlantique, soit 88 heures de vol sans escale.

MésangeLa mue annuelle peut ne servir qu’à rafraîchir le plumage, la couleur des plumes restant toute l’année la même. C’est le cas d’espèces telles que le cardinal ou la mésange. D’autres, en revanche, en profitent pour changer. Le camouflage remplace alors les couleurs éclatantes de la période de reproduction afin de s’adapter soit aux conditions hivernales, chez ceux qui restent, soit au long voyage et à l’habitat d’hivernage, chez les espèces migratoires. Cela implique une autre mue au printemps, pour retrouver les couleurs de la période de reproduction.

ChardonneretLes chardonnerets jaunes en sont un bon exemple. Le mâle jaune vif de l’été fréquente encore vos mangeoires en hiver, mais il n’est plus jaune, il a revêtu des couleurs plus proches du gris-vert de la femelle. La plupart des parulines en font autant ; les bleus, les oranges et les jaunes vifs, les rayures et les motifs de l’été sont abandonnés pour des verts, des olives et des jaunes ternes qui uniformisent l’apparence de la plupart des espèces.

Beaucoup d’oiseaux sont ainsi colorés l’été et camouflés l’hiver. Mais il y a des exceptions, qu’illustrent bien les canards. Contrairement à la plupart des autres oiseaux, qui se rencontrent généralement sur les lieux de reproduction ou sont déjà en couple, les canards s’unissent habituellement en hiver et migrent en couple vers les lieux de reproduction. Il est donc judicieux d’avoir sa plus belle tenue en hiver, lorsqu’il faut impressionner ces dames! Avez-vous déjà remarqué que les canards mâles sont invisibles en juillet et en août? C’est que la mue de leurs plumes de vol a lieu en été et que, pendant ce temps, ils ont du mal à voler. Avoir du mal à voler et arborer des couleurs vives ne vont pas bien ensemble lorsque les prédateurs rôdent alentour. Voilà pourquoi, pendant cette période dangereuse, les canards mâles empruntent l’apparence terne des femelles.

Dans l’œil des oiseaux…

Great Horned Owl

Si la beauté de leur plumage nous ravit et si la splendeur de leur vol nous éblouit, pour réellement apprécier les oiseaux il faut aussi comprendre comment ils voient le monde qui les entoure. Leurs yeux, qu’il s’agisse de mise au point, d’évaluation de la perspective et de perception des couleurs, résultent d’une adaptation parfaite et nécessaire pour se nourrir, éviter les prédateurs et manœuvrer à travers les dangers.

Comparés à nos yeux, et à ceux de la plupart des autres mammifères, ceux des oiseaux leur assurent une meilleure et plus complète vision des couleurs, une plus grande profondeur de champ et une mise au point plus rapide. Toutefois, la plupart des oiseaux ne peuvent pas bouger leurs yeux, ils doivent plutôt tourner leur tête. Si leurs yeux sont placés de chaque côté de la tête, leur champ de vision est vaste – ce qui est utile pour détecter les prédateurs. Inversement, les oiseaux de proie ont généralement des yeux qui regardent vers l’avant, ce qui leur assure une vision binoculaire permettant d’évaluer avec précision les perspectives et les distances. [Lire la suite…]

Concevoir un jardin pour les oiseaux

Imaginez que vous cherchez une nouvelle maison. Ne trouveriez-vous pas formidable de pouvoir voler d’une propriété à l’autre pour jeter un rapide coup d’œil sur la disposition des lieux, le décor et les ressources locales, et d’être ensuite instamment prié par le propriétaire d’emménager dans celle que vous préférez ? C’est ce qui se passe quand on est oiseau !

Nous rêvons tous d’attirer nos amis ailés dans nos jardins, mais ils se montrent souvent difficiles en matière d’environnement. Si le soleil printanier vous incite à contempler votre jardin et à réfléchir à son aménagement, tenir compte des besoins et des goûts des oiseaux que vous voulez y voir permettra d’orienter vos efforts.

Un jardin attire les visiteurs ailés s’il leur offre nourriture, eau et endroits où se cacher et nicher. Voici quelques lignes directrices simples qui vous permettront rapidement d’y observer plusieurs nouvelles espèces. [Lire la suite…]

Goéland pris dans un fil de canne à pêche

Goéland juvénile à bec cercléEn juin dernier, une de nos bénévoles reçut un appel concernant une « mouette » prise dans un fil de canne à pêche et suspendue dans les airs par les pattes depuis un temps indéterminé. Grâce au service local des incendies, l’oiseau fut libéré et apporté au Nichoir.

Un examen révéla que ce goéland juvénile à bec cerclé n’avait pas de blessures externes. Contrairement à nos craintes, il n’avait pas non plus de luxation et ses deux pattes répondaient bien aux tests des réflexes. Toutefois, ce jeune oiseau était trop maigre et restait posé sur son ventre, les deux pattes étendues vers l’arrière. Nous ne savions pas s’il pourrait les utiliser de nouveau. Il fut mis sous anti-inflammatoires et placé dans la salle de repos, accessible uniquement au personnel et aux bénévoles, afin de pouvoir se remettre de son stress.

Le lendemain, à notre grande surprise, le goéland se tenait droit sur ses deux pattes et avait avalé tous ses poissons ! Deux jours plus tard l’appétit persistait, il marchait sur ses pattes, le poids bien réparti des deux côtés, et il ne montrait aucun signe d’inconfort. Une semaine plus tard, après un nouvel examen approfondi, il fut décidé de le placer dans une volière extérieure pour oiseaux aquatiques afin de vérifier comment il marcherait dans un espace plus vaste et, surtout, s’il pourrait nager. Deux goélands à bec cerclé à peu près du même âge et un autre un peu plus jeune étaient déjà dans la volière et, dès que sa boîte de transport fut ouverte, le goéland fila dehors. Il étira et fit battre ses ailes, il fit de petits sauts à travers la volière sans cesser de bavarder avec les deux autres oiseaux. Puis il se dirigea vers le bassin, plongea la tête la première et barbota jusqu’à l’autre bord. Dans les jours suivants, ayant remarqué que ce dernier et le plus vieux goéland battaient des ailes et tentaient de voler, il devint évident qu’il était temps de les relâcher.

Notre goéland à bec cerclé fut donc relâché le 21 juillet à Vaudreuil-sur-le-Lac, Québec, avec l’aide de nos bénévoles.